La mine de Trepca
La mine de Trepca
a fourni aux musées et aux collectionneurs du monde entier des spécimens
exceptionnels de divers minéraux, notamment cosalite, vivianite, ludlamite,
jamesonite, pyrrhotite, arsénopyrite, dolomite, et plus communément
de très belles blendes marmatites. Cest un géant qui pèse
60 millions de tonnes de minerai contenant 5 millions de tonnes de plomb et
zinc métal. Lextraction vient de redémarrer et cest
une excellente nouvelle à saluer. Contrairement à son cousin de
Russie Dalnegorsk, aucune fluorine ny a encore été découverte.
Néanmoins, le triste sort qui frappe ce gisement célèbre,
depuis 1990 et la guerre du Kosovo, justifie largement de lui accorder une page
du site.
1) Un peu dHistoire
Un peu plus dhistoire
quà lordinaire est nécessaire pour comprendre limbroglio
éthno-politico-économique qui entoure la mine ; on sinterdira
pourtant (provisoirement) de donner trop de foi aux différents sites
Internet passionnés qui prolifèrent, tant chaque élément
cité sans grande vérification par nous sur Spathfluor.com peut
devenir une pièce du puzzle revendicatif, manipulée par chaque
partie à son profit, à tort ou à raison. Cette Histoire
de la mine et de sa région est pourtant passionnante.
Lexploitation dor et dargent par les Romains est attestée
par des textes et par des tas volumineux de scories pour de nombreux gisements
dans les Balkans, tant au Nord-Ouest de Trepca (Srebrenica) quau Nord
(Rudnik, Socanica) et au Sud (Gracanica). Par la suite, la région de
Trepca subit des influences ethniques, colonisatrices et/ou politiques successives
diverses, notamment des courants de populations byzantines, bulgares, serbes,
turques et albanaises qui expliquent les mélanges de cultures, les revanches
à prendre, et font (un peu) comprendre limbroglio actuel.
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Serpentines
et bassin tertiaire de la vallée de lIbar
Photos Jean Feraud © 2004 |
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Le
Moyen Âge
Pour Trepca,
la première phase dextraction attestée à ce jour
est médiévale (pour argent, plomb et fer) ; elle démarre
en 1303 et lactivité est intense. Cette productivité répond
aux besoins des seigneurs successifs et du suzerain serbe, pour leurs activités
de guerre ; cest elle qui finance la construction de forteresses le long
de la vallée de lIbar contre la menace ottomane. Il semble que
la mine a employé des chefs mineurs saxons. Le 15 juin 1389 se produit
à une douzaine de kilomètres au sud de Trepca la fameuse bataille
du Champ des Merles : larmée serbe est écrasée par
les Turcs dans la plaine de Kosovo. Mais les historiens ne notent pas dinterruption
dans la production de la mine, car il semble dabord quune sorte
de protectorat ottoman sétablit, et que la seigneurie dont dépend
la mine (Shala e Bajgorës) conserve une certaine indépendance (on
sait quun contrôleur des mines turc sinstalle à la
mine de Gluhavica près de Novi Pazar). Les superviseurs turcs sen
prennent aux représentants des propriétaires de la mine et sefforcent
dempêcher les exportations dargent. Lextraction est
dabord désorganisée suite à la gestion anarchique
et à la fuite de la main duvre qualifiée ; mais elle
est remarquablement reprise en main par ladministration ottomane à
partir de 1455, date de la conquête totale des Turcs sur les dernières
provinces restées indépendantes. Ils améliorent le code
minier serbe et exploitent activement Trepca et les autres mines pour alimenter
leurs fabriques de monnaie et leurs arsenaux, jusquen 1685. Cette année-là
marque le début dune récession complète dans les
mines des Balkans, paralysant rapidement aussi les fameuses mines dor,
argent et plomb de Novo Brdo.
Selection
Trust
Trepca ne refait parler delle quen 1925 avec le lancement dune
campagne de prospection par la compagnie britannique Selection Trust qui identifie
le formidable potentiel du gisement et qui crée en 1927 à Londres
une filiale « Trepca Mines Limited ». Celle-ci ouvre en 1930 la
mine de « Stan Trg », sur le site de lancienne exploitation
médiévale à ciel ouvert. Ce nom est une déformation
phonétique, par les bergers kosovars de la région, du toponyme
Stari Trg qui signifie « vieille place », « ancien marché
». Le géologue Friedrich Schumacher rectifiera le nom dans son
mémoire de 1950.
La mine atteint rapidement une cadence dextraction de 600 à 700 000 t/an. De 1930 à 1940, elle fournit 5,7 Mt de tout venant produisant dans lusine de flottation sur place 625 000 t de concentrés de plomb, 685 000 t de concentrés de zinc, 444 000 t de concentrés de pyrite et un concentré mixte de cuivre et plomb. Une fonderie de plomb est établie à Zvecan en 1940. Pendant la guerre, Trepca est exploitée par un société appartenant à Goering lui-même et elle alimente notamment les U-Boote en batteries ! Après la guerre, lensemble mine-fonderie est nationalisé par Tito.
| Rudarsko
Metalurski Hemijski Kombinat Olova i Cinka Trepca Le Combinat Minier, Métallurgique et Chimique de Plomb et Zinc de Trepca va alors devenir lun des plus importants complexes miniers des Balkans et il regroupe différentes mines : au Nord (dans les Monts Kopaonik) Crnac et Belo Brdo (dont le minerai est traité à la laverie de Leposavic), Koporic et Zuta Prlina qui sont en exploration ; au centre, Stari Trg et la laverie de Tuneli i Pare ; au Sud et Sud-Est (vers Pristina) Artana-Novo Brdo, Hajvalija, Kisnica-Badovac avec la laverie de Gracanica. Lensemble a produit le chiffre astronomique de 60,5 millions de tonnes de minerai tout-venant à plus de 8 % Pb+Zn, dont la moitié rien quà Trepca. Cest un des plus grands districts Pb-Zn dEurope, avec un tonnage métal produit de près de 3 Mt de plomb et 2 Mt de zinc. On estime sa production dargent à plus de 4500 t. Ses réserves géologiques sont aujourdhui considérables, même si les chiffres avancés naguère sous économie dirigée doivent être aujourdhui repassés au crible des critères de rentabilité et de léconomie de marché. |
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Leffondrement
Ce combinat qui employait 20 000 personnes et produisait 70 % des revenus de
lindustrie minérale de toute la Yougoslavie (Slovénie donc
incluse) sest progressivement effrité ces quinze dernières
années, dabord par vieillissement des installations, défaut
de maintenance, manque de réparations et de réinvestissement,
absence de contrôle de la production et des teneurs, vols de matériel
voire dinstallations. Des tentatives de privatisation restèrent
sans grande suite. La chute sest accentuée à partir de 1990
avec l'abrogation par Belgrade de lautonomie du Kosovo, la tension politico-éthnique
croissante et le départ des travailleurs dorigine albanaise. Pendant
la guerre du Kosovo qui suivit 1998, Trepca et Kosovska-Mitrovica où
la population était très mélangée ont été
parmi les enjeux les plus âprement disputés ; le bruit a même
couru que des centaines de cadavres kosovars auraient été grillés
dans le four de la fonderie de plomb (mais les enquêtes de la police française
nont trouvé aucune preuve).
Larrivée de la KFOR et la séparation des belligérants
en juin 1999 ont conduit à un éclatement du combinat. Les mines
du Nord restent exploitées par les Serbes. Celles du Sud qui avaient
été noyées ont été reprises en main par les
travailleurs dorigine albanaise mais ils nont pu encore les remettre
en production. Au centre, la KFOR avait dabord encouragé la reprise
de la production de Trepca et de Mitrovica. Mais une évaluation environnementale
franco-danoise des sites révéla une telle accumulation de substances
polluantes au niveau des fonderies que ladministrateur civil Bernard Kouchner
ordonna la suspension immédiate des opérations en août 2000.
Désormais Trepca est en grande partie noyée et ses deux fonderies,
arrêtées, sont dans un triste état. Les revendications sur
la propriété juridique de la mine fusent de tous côtés,
jusquaux britanniques qui réclameraient une indemnisation de leur
nationalisation par Tito.
Comble du destin, le bruit a couru que, 18 septembre 1999, le musée minéralogique
de la mine où sétaient accumulés depuis 1966 des
trésors jalousement gardés, aurait été pillé
par des voleurs profitant de la confusion. En France, on a bien craint que (comme
pour le musée archéologique de Bagdad) les pièces volées
naient disparu à jamais dans les caves de commanditaires privés
sans scrupule. Dans une dépêche, le professeur Milan Jaksic de
lEcole des Mines sur place avait signalé que le plus inestimable
spécimen de vivianite du musée avait disparu, de même que
plus de 1500 des cristaux collectés dans la mine depuis 1927, et 150
spécimens qui avaient été donnés par 30 pays du
monde entier.
Une équipe de minéralogistes français bénévoles
revient de la mine et rapporte heureusement que, en réalité, le
pillage a été évité, et que les collections du musée
sont intactes ou quasiment. Mais le bâtiment est bien endommagé
! Il aurait bien besoin de laide internationale pour retrouver le rang
quil mérite, et que lui avaient attribué en 1988 les ouvrages
de référence de Claude Guillemin, Joseph Mantienne et Peter Bancroft
en le classant dans le « Top 100 » des grands musées minéralogiques
du monde.Heureusement, des espoirs de reprise de la mine sont maintenant permis.
La mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK, en anglais UNMIK)) qui gère
provisoirement cette province, a lancé avec lapprobation de toutes
les parties un important programme dévaluation technique et économique
dune reprise de lexploitation des divers sites industriels du combinat.
Ce programme a été confié en août 2000 au consortium
ITT (Interim Team for Trepca) qui comprend les américains Morrison &
Knudsen-Washington Group, Boliden Contech, et TEC Ingénierie, société
française du groupe Eramet.
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Blende,
Rhodochrosite, Arsenopyrite et Calcite
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Blende
marmatite
cristaux de 3 cm darête Coll. Jean Feraud |
Pseudomorphose
pyrrhotite-marcasite, calcite
Coll. Jean Feraud |
2) Géologie
La géologie de la mine est très originale. Elle pourrait ne pas avoir encore livré tous ses secrets, dautant que depuis les études du géologue de Selection Trust C. B. Forgan (reprises par F. Schumacher en 1950), extraordinairement fines pour lépoque, il na été vraiment « publié » jusquici aucune monographie très illustrée et bien documentée sur ce monstre géologique. Pourtant, dans lintervalle, lenracinement vertical reconnu du gisement a doublé ! Toutes les publications parues sont soit des synthèses interprétatives de la métallogenèse du gisement ou de celle de la zone du Vardar (S. Jankovic), soit des guides ou des comptes-rendus sommaires de visite de congrès, soit des publications pointues mais portant sur un point particulier, comme les datations stratigraphiques de Kandic et coll. (1973) interprétées de façon hardie par Ivo Strucl (1981).
Un piège pour 60 Mt de minerai
Au sein de la chaîne alpine des Dinarides, la mine est située dans
la zone du Vardar, une nappe de terrains plissés, écaillés
et charriés qui comprend un socle dâge primaire, une couverture
sédimentaire jurassique et des ophiolites crétacées charriées,
intrudée au Tertiaire par des magmas post-tectoniques (granodiorite et
laves dacitiques et andésitiques). Le gisement est interstratifié
sous forme dun manto et de skarns dans une pile sédimentaire de
terrains paléozoïques (la Série de Stari Trg), sous une épaisse
couche (ignimbrite ?) de tufs volcaniques tertiaires. Plus précisément,
dans la Série de Stari Trg, les amas minéralisés sont situés
à linterface entre (à la base) dépais calcaires
marmorisés et (au sommet) des schistes épais : contact stratigraphique
qui est occupé de place en place par une couche de quartzites dune
dizaine de mètres, boudinée, qui sintercale sporadiquement.
Ce contact est ployé en une charnière anticlinale dont laxe
NW-SE plonge de 40° vers le NW. La structure se complique quand on ajoute
quil se trouve quune cheminée volcanique (brèche dexplosion
de section ovale de 100 x 200 m avec au cur un pipe de trachyte ou de
dacite) sest intrudée tout le long de la crête de cette charnière
anticlinale, au contact précisément des schistes et du calcaire.
Cest elle qui (fondamentalement) contrôle la présence de
la minéralisation. Le minerai sest insinué seulement ou
presque dans linterface schiste/calcaire, de part et dautre du «
pipe » volcanique. Il atteint 30 à 60 m dépaisseur
en moyenne. Il y a aussi quelques corps minéralisés discordants.
Il y a aussi au voisinage de la mine de plus petits prospects du même
type que Stari Trg.
(voilà, cest dit et pourtant on simplifie beaucoup).
La montée de la granodiorite miocène des Monts Kopaonik au voisinage
na certainement pas été sans influence métallogénique
aussi. Cest le magma qui est responsable de la formation des skarns à
grenat, pyroxène, amphibole et magnétite dans les corps minéralisés,
et de la présence de filons de dacite ou dolérite dans les roches
encaissantes. Dans celles-ci, lhydrothermalisme minéralisateur
sest accompagné de propylitisation-séricitisation, silicification,
carbonatation et dun développement de pyrite et kaolinite.
La remarquable
thèse de doctorat de Gani Maliqi (2001) a heureusement ouvert la voie
à un large renouveau des connaissances sur le gisement.
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La genèse du géant est simple !
Les scientifiques
rangent le gisement dans le type hydrothermal (méso- à épi-)
pour la plus grande partie, et métasomatique localement (pour la partie
skarn). A la suite danalyses isotopiques, ils accordent une grande influence
à des intumescences thermiques et structurales liées à
une fusion au niveau de la base de la croûte et du manteau supérieur.
Néanmoins, le dépôt du minerai survînt au stade subvolcanique
et à faible profondeur. Son âge est miocène.
Le collectionneur se réjouit que, à lépoque alpine,
des eaux se soient infiltrées dans les terrains, puis réchauffées
et chargées de métaux au contact des venues magmatiques et des
fluides qui montaient de la zone de fusion des plaques en profondeur. Ces eaux
étaient ensuite bloquées dans leur remontée par le toit
imperméable des épais schistes. Grâce à leur température
et à leurs propriétés chimiques agressives, elles ont alors
creusé par simple dissolution, dans les calcaires sous ce toit faisant
écran, de vastes cavités. La cristallisation fractionnée
des éléments en solution a tapissé ces cavités de
concrétions au fur et à mesure et, si un vide résiduel
le permettait, de cristaux gigantesques. De ce point de vue, la classification
gîtologique de Trepca telle quelle est indiquée dans les
bases de données sur Internet nest pas complète : il faudrait
aussi parler de « karst » (même si ce fut à chaud)
et de « gisement sous inconformité ».
Avons nous ainsi fait le tour de la formation du géant Trepca ? Non.
Nous avons déterminé les conditions de dépôt
du minerai (dissolution de cavités karstiques remplies au fur et à
mesure par des solutions chaudes utilisant le piège hydrogéologique
idéal local ; skarn contrôlé par une cheminée volcanique).
Nous avons défini les conditions de transport des substances
minérales (solutions hydrothermales circulant dans un système
de tuyauterie complexe). Mais pour la source des éléments
(qui est le point de départ de lhistoire) nous avons indiqué
un origine vague : le magma. Dans la mesure où il sest usuellement
formé, dans les chaînes ophiolitiques de ce type, des amas sulfurés
volcanosédimentaires, peut-être y en a til un en profondeur,
qui expliquerait lorigine de cette concentration en métaux exceptionnelle
? Espérons que les experts des universités venus travailler sur
la région sauront répondre dans un proche avenir aux points obscurs
qui subsistent !
Et
si
?
Ce serait trop simple de passer sous silence quen fait de polarité
des terrains, on ne sait pas trop si les calcaires sont antérieurs aux
schistes ou si cest le contraire. En effet, on a toujours pensé
que la Série sédimentaire de Stari Trg était dâge
Silurien-Ordovicien mais les géologues yougoslaves y ont trouvé
des Conodontes fossiles (Aleksandar Topalovic, comm. orale à la mine,
1973) qui suggèrent quune partie des calcaires pourrait être
du Trias, donc que le supposé dessous serait le dessus de la pile stratigraphique
! Comment sy retrouver dans cette zone daffrontement torturée
entre la plaque africaine et la plaque eurasienne ? Au lieu danticlinal,
les puristes parleront donc prudemment dantiforme. Et les amateurs de
métallogénie globale rêveront à la suite dIvo
Strucl en se disant que, si les calcaires sont triasiques, alors Trepca est
un jalon (à quelques variantes près, notamment le rôle des
magmas tertiaires) des mêmes processus minéralisateurs qui ont
donné naissance tout le long des Alpes aux gisements stratiformes de
Mezica, Raibl, Salafossa, La Plagne, Largentière, Les Malines, etc. (là
on rêve éveillé mais cest bien le rêve qui fait
avancer la science).
A loreille des collectionneurs, on « instillera » aussi quà
ce jour aucune des stalactites de carbonates minéralisées en sulfures
trouvées à Trepca na présenté de canalicule
axial pour lécoulement des gouttes qui perlent usuellement au plafond
des cavités, ce qui indique que le karst était totalement noyé
et que les géodes nont pas été tapissées à
lair libre par les sulfures, mais sous tranche deau (plus ou moins
chargée en sels minéraux). Donc, informez nous svp si vous trouvez
un compte gouttes dans votre échantillon ! car ce serait un scoop.
3) Minéralogie
Le site Internet Mindat.org
a listé 30 espèces valides. Les publications spécialisées
(en serbo-croate) compilées dans Mari (1979) indiquent aussi, outre les
minéraux doxydation classiques omniprésents, quelques autres
espèces remarquables. On décompte ainsi plus de 60 minéraux
à ce jour (par ordre alphabétique) :
| Actinolite Anglésite Ankérite Aragonite Arsénopyrite Barytine Bismuth natif Bornite Boulangérite (dont la var. plumosite) Bournonite Calcédoine Calcite (dont la var. manganocalcite) Cérusite Chalcanthite Chalcophanite Chalcopyrite Childrénite Chlorite Coronadite Cosalite Covellite Crandallite Cubanite Diopside Dolomite Enargite Epidote Falkmanite Galène |
Grenats Gypse Hédenbergite Hématite Illite Ilvaïte Indium Jamesonite (dont la var. plumosite) Limonite Löllingite Ludlamite Magnétite Marcasite Mélantérite Melnikovite Or natif Psilomélane Pyrargyrite Pyrite Pyrrhotite Quartz Rhodochrosite (dont la var. riche en fer oligonite) Scheelite Sidérite Smithsonite Soufre natif Sphalérite (var. marmatite) Stannite Stibine Struvite Tennantite Tétraédrite Thallium Vallériite Vivianite Wollastonite. |
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Plumosite,
rhodochrosite, calcite, arsenopyrite
Coll. Jean Feraud |
Sphalerite:
5 cm diam, calcite, dolomie
Coll. Jean Feraud |
Galene,
sphalerite (1 cm), arsenopyrite,
rhodochrosite, calcite & pyrite -Coll. Jean Feraud |
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Marmatite
7 cm (mâcle du spinelle)
Coll. Jean Feraud |
Arsenopyrite,
calcite xx 3 cm
Coll. Jean Feraud |
Quartz
& calcite 15cm
Coll. Jean Feraud |
Au point de vue muséologique, plusieurs de ces minéraux sont de
qualité exceptionnelle. La blende marmatite, noire, est le plus souvent
en octaèdres, avec des faces striées et parfois la macle du spinelle.
Les cristaux peuvent atteindre 7 voire 10 cm de diamètre, mais la moyenne
ne dépasse pas 2 à 3 cm. Ils sont généralement associés
à la cristallisation de calcite. Une étude récente par
des chercheurs slovènes et allemand a montré que les plans de
macle [111] de cette blende sont appauvris en S et enrichis en O, Mn, Fe et
Cu. La saturation en cuivre provoque la formation de minuscules cristaux de
chalcopyrite dans ce plan. La pyrrhotite est remarquable par ses formes en rosettes
atteignant 16 cm de diamètre, surtout si elle nest pas pseudomorphosée
en pyrite-marcasite. Assez rarement elle est pseudomorphosée en galène.
La galène en cubes et octaèdres atteignant 5 cm darête
se rencontre avec un habitus typique, comportant souvent des faces et des arêtes
corrodées et des structures daccroissement concentriques évoquant
un début de fusion (« galène coulante » des auteurs
germanophones). Larsénopyrite forme souvent de très beaux
cristaux à allure tabulaire, ou au contraire des prismes courts à
faces [012] losangiques aplaties ; les cristaux atteignent 5 cm, mais la plupart
des collectionneurs se contentent de quelques millimètres ! La vivianite
na pas les dimensions des cristaux du Cameroun mais elle forme des prismes
aplatis allant jusquà 7 et même une douzaine de centimètres
de haut et 2 cm dépaisseur. Elle est dun vert très
profond. La ludlamite, vert pomme, plus rare, est encore plus recherchée.
La boulangérite se présente en masses duveteuses de fins cristaux
enchevêtrés désignées sous le nom de plumosite ;
certaines aiguilles atteignent 30 cm de long. La jamesonite est plus rare mais
le musée de la mine en présentait un spécimen où
les cristaux atteignaient 4 cm de long et 1,5 cm de diamètre. La chalcopyrite
et la pyrite sont plus banales.
Ce sont les combinaisons des sulfures, à éclat métallique,
avec les cristaux lustrés ou nacrés de quartz, dolomite et calcite,
et ceux roses de rhodochrosite, qui confèrent aux pièces venant
de Trepca toute leur magie pour les collectionneurs. La dolomite forme parfois
de beaux rhomboèdres de plusieurs kilos et de 10 cm darête,
associés à des aiguilles de quartz. Les prismes de quartz (blanc
à hyalin) sont parfois en sceptre et atteignent 7 cm de long.
De temps en temps, les chercheurs trouvent des espèces nouvelles pour
Trepca ; en 1995 ce fut le tour dun phosphate très rare au monde,
la childrénite (accompagnée de son minéral daltération
la crandallite). Le minéral forme des cristaux biterminés isolés
ayant jusquà un centimètre de long, dans des aggrégats
géodiques associés aux carbonates de fer et de manganèse.
Il est jaune pâle, blanc sans éclat dans laxe et plus transparent
et brun sur les bords. La présence dinclusions de boulangérite
dans la childrénite suggère que cette dernière sest
formée dans des conditions hydrothermales de basse température.
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4) Exploitation
A partir de lopen pit médiéval à la cote 935, lexploitation sest approfondie en souterrain par la méthode des chambres remblayées. Laccès des chantiers sest fait par quelques travers bancs à la partie sommitale du gisement (cotes 865, 830, 795 et 760), puis, pour exploiter laval-pendage, on a creusé un puits vertical qui dessert les autres niveaux successifs. Le niveau le plus profond est le 11ème niveau, à +15 m daltitude au dessus du niveau de la mer et la minéralisation continue plus bas.
Lextension verticale totale de la mine est actuellement de 800 m. Du puits à la cote 605 part un travers-bancs découlement de 2,5 km de long vers le SW. A chaque niveau les chambres dexploitation de développent en allongement horizontal de part et dautre de la zone dintersection de la cheminée volcanique, suivant les deux flancs de lantiforme, sur une distance totale de 500 m environ vers le NE et 400 m environ vers le Sud. Chaque chambre a de lordre de 70 m de large et 100 m de long.
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Chevallement
principal
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Concasseur
primaire
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Entrée
du TB principal
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...dans
une géode.
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Mécanisation
au 1eme niveau
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Recette
au 1ème niveau
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Jean
Feraud © 2000-2007
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Stibnite
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Amas
karstique
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| 5)Traitement,
production La production totale de Trepca de 1931 à 1998 est estimée à 34 350 000 t de tout-venant à des teneurs de 6 % Pb, 4 % Zn, 75 g/t Ag et 102 g/t Bi. Le minerai était concentré dans la laverie (flottation) de Prvi Tunel (Tuneli Pare) dont la capacité était de 760 000 t/an. Les concentrés de plomb étaient dirigés sur la fonderie de plomb de Zvecan (capacité 80 000 t/an), ceux de zinc sur la fonderie de zinc de Mitrovica (capacité 50 000 t/an) ; il y avait aussi une unité de production dengrais utilisant lacide sulfurique sous-produit de lhydrométallurgie, et des ateliers de montage et de recyclage de batteries. Le tonnage métal produit a été de 2 066 000 t de plomb, 1 371 000 t de zinc, 2569 t dargent et 4115 t de bismuth. La production dor est évaluée à 8,7 t de 1950 à 1985 soit une moyenne de 250 kg/an ; celle de cadmium à 1655 t de 1968 à 1987. On a signalé aussi que des traces de germanium, gallium, indium, thallium, sélénium et tellure sont présentes dans le tout-venant, qui sont valorisées au niveau fonderies. |
6) Et maintenant
?
La reprise que
tout le monde espère doit passer par les préalables de mettre
en place des procédés et procédures efficaces pour prévenir
toute pollution nouvelle, et attirer des investisseurs privés. Le programme
de mise à niveau des installations sera coûteux (on a avancé
pour lensemble du combinat les chiffres de 15 à 30 M USD). Pour
le moment, la mine se limite à produire des concentrés et à
les vendre à des traders. Les fonderies nont pas été
réactivées. Pour la mine de Trepca il semble (daprès
les premiers calculs publiés) que les ressources restant en profondeur
valent la peine. Le rapport ITT/UNMIK 2001 conclut que les réserves des
catégories A+B+C1/C2 se monteraient à un peu plus de 29 000°000
t de minerai tout-venant à des teneurs variant (suivant les panneaux
considérés) de 3,40 à 3,45 % Pb, 2,23 à 2,36 % Zn
et 74 à 81 g/t Ag, soit en métal environ 999 000 t Pb, 670 000
t Zn et 2200 t Ag. Ceci alimenterait encore de nombreuses années dextraction
si les coûts opératoires et le marché le permettent ! Lenjeu
du sauvetage du « géant Trep_a » est mobilisateur : revitaliser
toute cette région, lui redonner emplois, espoir et fierté.
Naturellement, les petits collectionneurs apprécieraient une reprise rapide de lextraction !
7)Références
bibliographiques récentes ou incontournables
Bancroft P. (1988) Mineral museums of eastern Europe (Trepca mineralogical museum). The Mineralogical Record, 19, n° 1, p. 44-45, 50.
Barral J.-P. (2001)
Réhabilitation du combinat minier de Trepca au Kosovo. I.M. Environnement
(revue de la Société de lIndustrie Minérale), n°
12, avril 2001, p. 6-10.
Bermanec V., __avni_ar
S., Zebec V. (1995) Childrenire and crandallite from the Stari Trg mine
(Trepca), Kosovo : new data. Mineralogy and Petrology 52, p. 197-208.
Du_anic S., Jovanovi_ B., Tomovi_ G., Zirojevi_ O., Mili_ D. (1982) History
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Mining Congress, Beograd, p. 119-140.
Dauti D. (2002) Lufta për Trepçën (sipas dokumenteve britanike). Ed. Institi kosovar për integrime evroatlantike, Prishtinë, 192 p.
Féraud
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individuelles de la mine effectuées en 1972, 1973 et 1974 . Rapport inédit,
Lab. Géol. appliquée Univ. Paris VI.
Féraud
J. (1979) La mine « Stari-Trg » (Trepca, Yougoslavie) et
ses richesses minéralogiques. Manuscrit darticle publié
(à sa demande sous leur nom) par Mari D. et G. (1979) Minéraux
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Jean Féraud
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