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Les Porres


L’ancienne mine des Porres, située en Provence entre Cannes et Toulon, est beaucoup plus connue pour sa production considérable de barytine que pour son faible contenu en fluorine (qui n’était pas valorisée). C’est cependant un des « poids lourds » du Top 50 des mines françaises qui méritent de figurer sur le site Internet Spathfluor.com ! En taille, en effet, elle occupe la seconde place nationale pour l’extraction française de barytine, juste derrière la carrière de Chaillac (Indre ; voir fiche La mine du Rossignol).


Fluorite brune (chocolat) sur barytine.
Pièce de 28 cm de diamètre.

 

Situation géographique

Le filon des Porres est situé au cœur de la partie orientale du Massif des Maures, à une distance de 6 km au Sud-Est du village des Arcs (département du Var). On y accède à partir de la route N7, par une piste de sept kilomètres qui se dirige vers le Sud et dont les quatre premiers kilomètres sont goudronnés. Il ne reste aujourd’hui plus rien des installations industrielles qui ont été démantelées après l’arrêt de la mine.
Cadre géologique
Le filon est encaissé dans le socle hercynien provencal, constitué ici de micaschistes et d’amphibolites. Il est situé à 4 km à l’ouest du grand accident nord-sud de Grimaud-Plan de la Tour. La caisse filonienne s’est développée uniquement au passage d’un épais banc d’amphibolites et elle se coince rapidement quand le filon en sort. Le filon possède une direction est-ouest, un pendage 80°N et un pitch de 30° vers l’Ouest (suivant le pendage du banc d’amphibolite). Il a été reconnu sur une longueur de 600 m et une profondeur de 280 m. Il est fait d’une succession de ventres dirigés N100-110°E et de serrées (décrochements) dirigées N80-90°E, et il a une puissance moyenne de 2 m, pouvant atteindre localement 6 m.
Au fur et à mesure de la vie de la mine, sa géologie a fait l’objet d’une suite de thèses de doctorat de grand renom (Pierre Soléty, Jean-Pierre Vervialle, Pierre Rostan, Hubert Falzon) et de nombreuses études minières (confidentielles) qui ont permis d’avoir une bonne connaissance de ce « géant » français de barytine.



Photo Jean Feraud


Photo Jean Feraud


Photo Jean Feraud

Photo Jean Feraud

 

Travaux miniers

Le filon a été attaqué à ciel ouvert par un petit open pit qui constitue aujourd’hui la seule partie de la mine où l’on voit encore le filon en place (attention aux paroi verticales, dangereuses d’accès ; risques d’effondrement). En aval-pendage, il a été exploité en souterrain par une succession de galeries à flanc de coteau, superposées, de direction est-ouest, tracées tous les 40 ou 50 m dans le filon aux cotes (en mètres par rapport au niveau de la mer) 220, 205, 184, 174, 164, 142, 117 (qui était le niveau de sortie du train de wagonnets pour charger la trémie), puis 82 (qui était le traçage de base appelé « niveau 0 » car il était le dernier à sortir au jour, mais il ne servait que pour le personnel). Pour exploiter l’aval pendage, on a creusé à partir du niveau 117 un puits intérieur (bure muni d’un skip) qui desservait en profondeur les niveaux 82, 35 (-45), -10 (-90). De là, dans la phase ultime de l’exploitation, on a creusé une descenderie au filon, pentée de 45° vers l’Ouest, qui desservait un traçage à –33 et un autre à –70 par rapport à la cote –10 m du niveau –90.
L’extraction se faisait par la méthode des chambres vides et des chambres magasins non remblayées.

Photo Jean Feraud

Le filon avec ses rubanements rythmiques Barytine blanche/Fluorite colorée
par jamesonite.

Photo Jean Feraud

 

Minéralisation

Le filon est très beau et ce à divers titres. D’abord, il est très régulier. Il a une teneur élevée (60 à 70 % BaSO4) seulement accompagné de fluorine, quartz et calcite (ainsi que très rarement de dolomite, strontianite, sidérite), et ponctuellement de pyrite, marcasite, blende, galène (exceptionnellement aussi chalcopyrite, semseyite). Cette pureté faisait que la société commercialisait des qualités de barite blanche assez pure. Des oxydes de manganèse terreux (wad) se développent à l’éponte nord.
Ensuite, il a une structure rubanée assez spectaculaire, en rubans successifs rythmiques. La barytine s’y présente en grandes lamelles blanches ou en grands prismes aplatis. Les interstices entre les lamelles sont colmatés par une fine pâte de fluorine de couleur violette, rougeâtre à carrément chocolat (une étude minéralogique d’Yves Moelo a révélé en 1973 que cette couleur très particulière était due à la présence d’inclusions microscopiques de jamesonite).
En fin de vie, il a livré de très beaux cristaux. Ceux ci étaient rares au début de l’exploitation, jusqu’à ce qu’une série de géodes soient recoupées dans l’axe du filon, notamment dans la lentille Centrale et la lentille Bruno. Cette dernière a été repérée d’abord entre les niveaux –45 et –90 et elle a été ensuite suivie, avec l’approfondissement de la mine en aval-pendage, du niveau –90 au niveau –33 soit (Hubert Falzon) sur près de 30 m de hauteur, 5 à 10 m d’allongement et 2 à 3 m d’épaisseur. Ceci est un peu contradictoire mais on mesure mal quand le cœur bat la chamade !
Ces diverses géodes (aujourd’hui disparues !) étaient de dimensions centimétriques, métriques, et parfois décamétriques.
Au palmarès figure d’abord la barytine (parfois en délicates rosettes de fines lamelles blanc-bleuté comme celles de Baia Sprie ; plus souvent en cristaux tabulaires jaune-vert de 6 à 10 mm d’épaisseur groupés en éventails). Hubert Falzon a montré que l’originalité de la barytine des Porres est que le brachydôme (011) est très développé comme Lacroix l’avait découvert à Chizeuil. La calcite se présente en prismes, rhomboèdres et surtout en beaux scalénoèdres pluri-centimétriques jaunes (qui exceptionnellement atteignaient 60 cm). La fluorine se présentait rarement en cristaux cubiques : le plus souvent bruns, parfois violets, verts ou bleus, de 0,5 à 1 cm d’arête. Elle formait le plus souvent des concrétionnements de fines crêtes couleur chocolat épigénisant la surface des grandes lames de barytine blanche de la masse du filon, ce qui n’est pas un habitus très courant. Le quartz a formé exceptionnellement des pyramides de 5 cm de haut, transparentes, implantées sur la barytine. La strontianite est en fines aiguilles centimétriques blanches. Enfin, dernière espèce remarquable, la marcasite se présentait notamment en beaux agrégats mamelonnaires de dimensions pluridécimétriques finement recouverts par un film de chalcopyrite irisée. Gare aux collectionneurs qui en brossant leur specimen ont crevé cette pellicule protectrice : la marcasite s’altérait alors en quelques mois en une poudre pitoyable dans la vitrine. Bien malachite ne profite jamais.


Calcite, Fluorite et Barytine
Photos et collection Evelyne Piveron

 

Production

Le gisement a été le fleuron de la fameuse Société des Mines de Garrot, créée après la seconde guerre mondiale par l’ingénieux Pierre-Jean Herbinger, qui fut un des derniers grands mineurs « artisanaux » français. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le plus grand gisement de barytine français, Chaillac (encore en activité) fut développé entr’autres par les Herbinger. Les Porres fut exploité de 1946 à 1983 par Herbinger père et ses trois fils, dynamiques industriels miniers comme lui, puis la Société des Couleurs Zinciques qui exploitait la barytine de l’Aveyron et de l’Hérault. La cadence d’extraction a atteint en routine 30 000 t de tout-venant/an. Le filon a produit au total environ un million de tonnes de tout-venant à une teneur de 70 à 80 % BaSO4, 5 à 10 % CaF2, 5 à 10 % CaCO3, 10 à 15 % SiO2 soit 760 000 t de BaSO4 pure, et il est à peu près épuisé. L’usine de traitement gravimétrique était construite à côté de la gare SNCF des Arcs. Les produits étaient principalement destinés aux charges dans les peintures.

 

Sélection bibliographique

Société des Mines de Garrot (en coll. avec J. Féraud) 1973 – Le filon des Porres. Riviera Scientifique Nice, 4, 83-94.

Falzon H. et coll. (1982)- Le filon barytique des Porres (résumé de sa thèse Doct. Spéc. Nice 1981). Bull. BRGM (2) II, 3, 271-275.

Jean FERAUD

 

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